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Les leviers de motivation

  • il y a 5 jours
  • 5 min de lecture

On parle beaucoup de motivation.

Dans le sport, au travail, dans le développement personnel. On l’invoque comme une ressource magique : “Il faut être motivé.”

Quand elle est là, tout semble possible. Quand elle disparaît, c’est beaucoup plus difficile.


Derrière ce mot que l’on utilise quotidiennement se cache une multitude de facteurs qui peuvent agir sur notre motivation.


Les leviers de motivation en préparation mentale

La motivation n’est pas une simple énergie qui apparaît ou disparaît. C’est un ensemble de mécanismes psychologiques qui orientent nos comportements, nos choix et notre manière de persévérer face aux obstacles.


Comprendre ce qui nous motive vraiment change profondément la manière dont nous abordons nos projets, nos objectifs et même notre quotidien.


La motivation : une force qui oriente nos comportements


La motivation peut être définie comme l’impulsion qui donne une direction à nos actions.

Autrement dit, c’est ce qui nous pousse à agir.


Elle est présente dans bien des domaines de notre vie :

  • dans la manière dont nous menons notre carrière

  • dans notre engagement sportif

  • dans nos habitudes quotidiennes

  • dans les projets que nous décidons de poursuivre… ou d’abandonner.


Contrairement à ce que l’on imagine souvent, la motivation n’est jamais totalement absente. Elle existe toujours, mais elle peut simplement être dirigée ailleurs.

Le sportif qui bâche sa séance n’est pas “sans motivation”. Sa motivation est simplement orientée vers quelque chose de plus agréable ou de plus immédiat : regarder une série, retrouver des amis, se reposer.


La question n’est donc pas seulement : “Comment être motivé ?” La vraie question est plutôt : “Qu’est-ce qui me motive vraiment ?”


Motivation intrinsèque et extrinsèque : deux moteurs différents


Les recherches en psychologie distinguent généralement deux grandes formes de motivation.


La motivation intrinsèque : agir parce que l’on aime


La motivation intrinsèque vient de l’intérieur.

On agit parce que l’activité elle-même est satisfaisante. Parce qu’elle nous intéresse. Parce qu’elle nous stimule.

C’est le cas du sportif qui prend plaisir à s’entraîner, du musicien qui joue pendant des heures, ou de l’entrepreneur qui aime profondément construire un projet.

Dans ce cas, l’activité est sa propre récompense.


Cette forme de motivation est souvent considérée comme la plus durable, car elle ne dépend pas d’un facteur extérieur.


Pourtant, une autre forme de motivation vient souvent compléter ce premier carburant.


La motivation extrinsèque : agir pour une récompense


La motivation extrinsèque repose sur des éléments extérieurs.

Une récompense, une reconnaissance, une promotion, un salaire, une médaille.

Ces motivations externes jouent souvent un rôle essentiel dans l’impulsion initiale nécessaire pour avancer. Parfois critiquées, la motivation extrinsèque est identifiée comme moins écologiques que la motivation intrinsèque.


Un étudiant peut commencer ses études pour obtenir un diplôme.

Un sportif peut viser un podium.

Un salarié peut vouloir évoluer professionnellement.


Ces motivations souvent motrices peuvent être à l’origine d’une fatigue à l’effort et d’un épuisement mental. En effet, la survenance de ces récompenses n’est pas uniquement liée aux actions de l’individu mais comme elle l’indiquent par leur nom, à des facteurs externes.


Dans la réalité, les deux types de motivation se complètent souvent.


Quand la motivation devient une pression


Il existe aussi des formes de motivation plus ambiguës.


Certaines personnes agissent non pas par envie, mais par pression intérieure.

Par exemple :

  • la peur de décevoir

  • la culpabilité

  • le besoin de prouver sa valeur

  • le regard des autres.


On peut alors continuer à agir avec intensité, tout en ressentant une fatigue mentale de plus en plus importante.

Souvent silencieuse, de l’extérieur, tout semble fonctionner et intérieurement, l’énergie commence à s’épuiser.

C’est souvent dans ces moments que surgissent la démotivation, la perte de sens ou même l’épuisement.


La motivation est aussi une question de besoins humains


Pour comprendre ce qui nous motive profondément, plusieurs théories psychologiques apportent des éclairages intéressants.


Parmi elles, la pyramide des besoins de Maslow reste l’une des plus connues :


Pyramide des besoins de Maslow
Pyramide de Maslow

Selon cette approche, nos motivations évoluent à mesure que certains besoins fondamentaux sont satisfaits :

  • les besoins physiologiques (se nourrir, se reposer)

  • la sécurité

  • l’appartenance

  • l’estime

  • l’accomplissement personnel.

Lorsque les besoins de base sont fragilisés, ils prennent naturellement le dessus.

Mais lorsque ces besoins sont comblés, d’autres aspirations apparaissent : se réaliser, apprendre, contribuer, se dépasser.

Dans le sport comme dans le monde professionnel, cette dynamique est très visible.


Beaucoup de personnes commencent par chercher la reconnaissance ou la réussite. Puis, avec le temps, la question du sens devient plus importante.


Trois besoins psychologiques essentiels


Une autre théorie importante, la théorie de l’autodétermination, met en avant trois besoins psychologiques fondamentaux :


L’autonomie

Le sentiment de pouvoir choisir ses actions.

La compétence

La perception de progresser et de maîtriser ce que l’on fait.

Le lien social

Le sentiment d’appartenir à un groupe ou une communauté.


Lorsque ces trois dimensions sont nourries, la motivation devient plus stable et plus profonde.

À l’inverse, lorsqu’elles sont fragilisées — manque d’autonomie, absence de reconnaissance, isolement — la motivation a tendance à s’éroder.


Pourquoi certaines personnes semblent plus motivées que d’autres


On observe souvent que certaines personnes semblent naturellement plus motivées.

Mais la motivation n’est pas uniquement une question de personnalité.


Elle dépend aussi :

  • de l’environnement

  • des objectifs poursuivis

  • des valeurs personnelles

  • et des expériences de réussite ou d’échec.


Un environnement soutenant peut renforcer la motivation. À l’inverse, un contexte stressant ou désorganisé peut progressivement la faire disparaître.

Même les personnes passionnées peuvent finir par se sentir épuisées si leur environnement ne soutient pas leur engagement.


La motivation évolue avec le temps


Nos motivations ne restent pas les mêmes tout au long de la vie.


Ce qu’on observe, c’est qu’à 20 ans, le regard des autres joue souvent un rôle très important. La réussite sociale, la reconnaissance ou la comparaison peuvent être des moteurs puissants.

Avec le temps, ces motivations évoluent.


Certaines personnes se tournent davantage vers des objectifs plus personnels : apprendre, transmettre, trouver un équilibre, donner du sens à ce qu’elles font.

Cette évolution est normale.

Elle reflète simplement une transformation de nos priorités et de nos valeurs.


Pourquoi la motivation disparaît parfois


Même les personnes très engagées peuvent traverser des périodes de démotivation.

Plusieurs obstacles sont fréquents :


La peur de l’échec

Elle peut empêcher de passer à l’action.


Le perfectionnisme

Vouloir tout faire parfaitement peut paradoxalement freiner l’action.


La perte de sens

Lorsqu’un objectif ne correspond plus à nos valeurs, la motivation s’affaiblit.


L’environnement

Un contexte stressant ou désorganisé peut épuiser l’énergie mentale.


Dans ces situations, la solution n’est pas toujours de “se forcer”.

Il est parfois plus utile de prendre du recul et de se demander :

Pourquoi est-ce que je fais vraiment cela ?


Cultiver une motivation durable


Certaines conditions peuvent favoriser la motivation.


D’abord, clarifier ses objectifs.

Des objectifs précis et concrets donnent une direction. Ils permettent de transformer une intention vague en actions mesurables. C’est ici qu’on retrouve la fixation d’objectifs SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporel)

Matrice de définition d'objectif SMART
Définir un objectif SMART

Ensuite, créer des systèmes.

Compter uniquement sur la motivation ou la volonté est risqué. Les habitudes, les routines et les environnements structurés permettent de continuer à avancer même lorsque l’énergie fluctue.


Enfin, ne pas rester seul.

La motivation est souvent nourrie par les relations : un groupe, un entraîneur, des collègues, une communauté.


Le regard des autres peut parfois créer de la pression et il peut aussi devenir un soutien précieux.


La motivation commence par une meilleure connaissance de soi


Au fond, il n’existe pas de formule universelle de la motivation.

Chaque personne possède ses propres moteurs.

Comprendre ce qui nous anime réellement — nos valeurs, nos besoins, nos aspirations — est souvent la clé.

Certaines personnes avancent grâce à des objectifs ambitieux. D’autres trouvent leur énergie dans le plaisir du processus.

Dans tous les cas, la motivation la plus solide apparaît généralement lorsque ce que nous faisons est aligné avec ce qui compte vraiment pour nous.


Et c’est peut-être là que commence le véritable travail de préparation mentale.

 
 
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